« MA » forme d’anorexie

L’anorexie est un Trouble du Comportement Alimentaire bien souvent victime d’amalgames. D’après Wikipédia, il s’agirait « d’un symptôme qui correspond à la perte d’appétit. » Et pourtant, je suis certaine que beaucoup l’associent à l’envie de maigrir, à la boulimie, aux vomissements, etc.

Souffrant depuis plus de vingt ans de cette maladie, je peux vous assurer que chaque période d’anorexie a eu chez moi une origine et une conséquence différentes.

À 8 ans, j’ai cessé de manger alors que j’étais en vacances à la montagne avec ma famille. J’étais terrifiée à l’idée de vomir en voiture (je suis émétophobe), et l’enfant que j’étais s’est dit que je ne pouvais rien rejeter si mon estomac était vide. À 11 ans, victime de moqueries scolaires, j’ai de nouveau arrêté de m’alimenter. Entre mes 18 et 20 ans, après m’être fait larguer par mon copain, j’ai encore sombré. Et depuis trois années, les problèmes conjugaux de mes parents (et familiaux en général) m’ont ôté l’appétit.

Un jour, dans les commentaires d’une vidéo YouTube me semble-t-il, une personne avait écrit que « l’anorexie était le luxe des Riches », appuyant le point sur les malades qui se purgeaient. Hier, ces quelques mot me choquaient. Mais aujourd’hui, sans pour autant les cautionner à 100%, je les trouve plutôt justes. Avec tous les diktats de la mode, les sites « Pro-Ana » et « Pro-Mia », et j’en passe, ces mouvements sectaires incitent beaucoup de personnes dans le désarroi à se suicider.

Mes paroles peuvent choquer, j’en suis consciente. Mais je parle en connaissance de cause. Bien que je n’ai jamais gaspillé de nourriture en période d’anorexie -étant de type « restrictif »- j’ai réalisé récemment que pendant ces longues années, tout ce que je n’ai jamais mangé aurait vraiment pu aider une population pauvre. Et pour peu qu’on ait une once d’humanité en soi, je pense que cela aide à réfléchir. En outre, je trouve mon physique totalement ingrat. Je me préfère avec 20kg de plus, et toute en formes.

Le combat est difficile mais pas impossible. Je ne suis pas éligible à une hospitalisation, car consciente des conséquences de la maladie, majeure, non vomitive, et ouverte à tous types d’aliments. Mes parents ne sont jamais loin, mais totalement désemparés. Les petits efforts quotidiens construisent mon grand chemin vers la guérison.

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